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Jan Brueghel I (dit de Velours). 1568-1625. Anvers. Paysage fluvial. River landscape with moorings. 1603. Turin. Sabauda.

LES PAYS BAS: LA PEINTURE PROFANE

Avec Pierre Bruegel l’Ancien (1525-1569) apparaissent aux Pays Bas, les premières tendances profanes de la peinture européenne au Nord des Alpes. Tendances profanes qui vont s’amplifier dans cette région d’Europe jusqu’à devenir très vite quasiment exclusives après la Réforme, de tendances calvinistes, qui s’installe dans le nord du Pays. Cette importance accordée à la vie quotidienne, sans aucune référence religieuse ou historique, s’impose aux Pays Bas bien avant toutes les autres nations européennes.
Le siècle d’Or des Pays Bas du Nord, le 17è, est presque totalement un siècle de peinture séculière. Sauf Rembrand et quelques uns de ses élèves.
Les premiers grands peintres des Pays Bas, au sud comme au nord du pays, de Van Eyck à David ont, sauf quelques portraits, exclusivement peint des tableaux religieux. C’est la raison, réelle, même si elle n’est pas ouvertement proclamée, pour laquelle l’histoire de l’art universitaire continue de les appeler des "Primitifs".
Mais à partir de Bruegel Pierre l’Ancien, dans les histoires de l’art de langue française comme de langue anglaise, les peintres ne sont plus "Primitifs". Ils sont "Renaissants" !
David le dernier Primitif est mort en 1523. Bruegel le premier Renaissant est né en 1525.
Vraiment l’histoire officielle fait bien les choses ! Tout s’enchaîne merveilleusement.
Effectivement Bruegel Pierre l’Ancien, peintre des Pays Bas du Sud, a peint les saisons, les fêtes de villages, les noces paysannes, et même la chute d’Icare, un thème mythologique. Quand Bruegel Pierre l’Ancien a peint des sujets religieux comme la Montée au Calvaire, la Crucifixion, le Dénombrement de Bethléem ou le Massacre des Innoçents, il a traité le sujet comme une occasion de peindre la société de son époque. Le plus souvent le sujet religieux est une toute petite partie du tableau. La nativité ou la crucifixion, Marie et Joseph, sont évoqués au sein d’un ensemble purement descriptif des moeurs de l’époque qui sont en réalité le thème principal de la peinture.
Après la Réforme protestante, de tendances calvinistes, qui s’impose aux Pays Bas du Nord à la fin du 16è et au début du 17è siècle, les penchants profanes, laïques, séculiers, de la peinture des Pays Bas s’accentuent encore. Seul les Pays Bas du sud (Belgique) conservent des thèmes tirés de la réligion catholique.
Par rapport aux peintres des Pays Bas du Sud, la particularité des peintres des Pays Bas du Nord est en outre que la mythologie ou l’histoire gréco-romaine tiennent très peu de place, voire aucune.
La très grande majorité des peintres de cette école des Pays Bas du Nord, s’intéresse uniquement à la vie quotidienne de leur époque.
Ces peintres de l’Ecole des Pays Bas du Nord décrivent longuement les paysages et les moeurs de leur temps, dans les villes et dans les campagnes, ou se spécialisent dans les natures mortes et les portraits.
Sur ce terrain ils sont uniques en Europe continentale en tant que phénomène de société absolument généralisé.
L’Italie, l’Espagne, la France, l’Allemagne continuent, jusqu’au 19è siècle, à alterner oeuvres religieuses et oeuvres profanes. Les oeuvres profanes sont d’ailleurs inspirées plus par la mythologie et l’histoire gréco-romaine que par les moeurs de la société.
C’est uniquement grâce aux peintres des Pays Bas, du Nord particulièrement, que nous avons des représentations fidèles d’une société européenne au cours de la fin du 16è et du 17è siècle. Y compris les paysans, ce qui est tout à fait remarquable..

THE LOWS COUNTRIES : THE PROFANE (SECULAR) PAINTING

With Pierre Bruegel the Elder (1525-1569) appeared in the Netherlands, the first profane (secular) tendencies of European painting in north of the Alps. Profane tendencies which will increase in this region of Europe until very soon become almost exclusive after the Reformation, of Calvinist trends, which settled in the north of the country. This emphasis on everyday life, without any religious or historical reference, applies to the Netherlands well before all the other European nations.
The Golden Age of the Northern Netherlands, the 17th, is almost totally a century of secular painting. Except Rembrand and some of his students.
The first great painters of the Low Countries, to the south as to the north of the country, from Van Eyck to David have, except for a few portraits, exclusively painted religious pictures. This is the real reason, even if it is not openly proclaimed, for which the university history of art continues to call them "Primitives".
But from Bruegel Peter the Elder, in the stories of the art, in French as well as in English language, the painters are no longer "Primitives". They are "Renaissants"!
David the last Primitive died in 1523. Bruegel, the first Renaissance painter, was born in 1525.
Really the official university history does well! Everything is chained beautifully.
Indeed, Bruegel Pierre the Elder, painter of the Low Countries of the South, painted the seasons, the village festivals, the peasant nuptials, and even the fall of Icarus, a mythological theme. When Bruegel Peter the Elder painted religious subjects such as the Ascent to Calvary, the Crucifixion, the Bethlehem Count, or the Massacre of the Innocents, he treated the subject as an opportunity to paint the society of his time. Most often the religious subject is a very small part of the picture. The nativity or the crucifixion, Mary and Joseph, are evoked within a purely descriptive set of the mores of the time which is in reality the main theme of painting.
After the Protestant Reformation, of Calvinist tendencies, which prevailed in the Low Countries of the North (Netherland) at the end of the 16th and the beginning of the 17th century, the profane and secular propensities of painting in the Low Countries are still accentuated. Only the South Low Countries (Belgium) retains themes drawn from the Catholic religion.
In comparison with the painters of the Low Countries of the South, the peculiarity of the painters of the Low Countries of the North is moreover that the mythology or the Greco-Roman history take very little place, if any.
The vast majority of the painters of this school in the Low Countries of the North (Netherland) are interested only in the daily life of their time.
These painters of the School of the Low Countries of the North (Netherland) describe at length the landscapes and the customs of their time, in the cities and in the countryside, or specialize in still lifes and portraits.
On this ground they are unique in continental Europe as an absolutely generalized phenomenon of society.
Italy, Spain, France and Germany continued to alternate between religious and secular works until the 19th century. The profane works are, moreover, inspired more by mythology and Greco-Roman history than by the mores of the society.
It is only thanks to the painters of the Netherlands, especially in the North, that we have faithful representations of a European society in the late 16th and 17th centuries. Including the peasants, which is quite remarkable.

Posted by jean louis mazieres on 2017-04-22 06:26:31

Tagged: , Peintres , Peintures , Painting , Musée , Museum , Museo , Italie , Turin , Torino , Sabauda , Jan Brueghel the Elder

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